Constantes

Constantes physiologiques

La prise des constantes (physiologiques) fait parti de l’examen clinique médical et de la surveillance clinique infirmière.

Permet de se faire rapidement une idée objective de l’état physiologique du patient,
et leur anomalie peut orienter vers des situations pathologiques ou amener à réaliser des examens complémentaires pour affirmer ou infirmer un diagnostic ! 
D’où l’importance d’une mesure précise et fiable et de connaître les normes ainsi que la signification des variations par rapport aux normes

1. Fréquence cardiaque (FC) / pouls 

Fréquence cardiaque (FC)

 

60 à 80 battement / minute
(chez l’adulte au repos)
Au repos, que l’on peut compter grâce au stéthoscope en auscultant les bruits du cœur
sur un des foyers cardiaques
Le Foyer Mitral  (=’5e espace intercostal gauche sur la ligne mamelonnaire) 

Correspond à la pointe du cœur le plus souvent 
ou en provenance d’un monitorage ECG

 

On remarque que les sportifs et les sujets longilignes
ont tendance à avoir une FC plutôt basse.

La fièvre a tendance à ↑ FC
(20 battements / degré au dessus de 38°C)

 

Variations (chez l’adulte)

On parle de tachycardie si FC > 100 /min

(au delà de 120 battement/min on peut suspecter une anémie si pas de problème cardiaque connu) et ne pas perdre de vue chez le sujet âgé que la FC critique = 220 – âge

… et de bradycardie si FC < 60 / min.
(certains retiennent le seuil de 50 / min.)

Chez l’enfant 

De 100 – 180 chez le nouveau-né
90 – 150 à 1 an
75 – 145 à 2 ans
70 – 130 à 4 ans
pour atteindre 55 – 125 à 10 ans 

Pouls

60 à 80 pulsation / minute (chez l’adulte au repos)

Le pouls est la pulsation perçue par la palpation à l’aide de l’index et du majeur
( jamais le pouce on risque de percevoir son propre pouls !)

d’une artère superficielle qui témoigne de l’activité mécanique efficace du cœur.

On en déduit la fréquence cardiaque en comptant les pulsations sur une minute.
(quand les pulsations sont régulières on peut compter les pulsations sur 15″ et multiplier par 4

Avec un peu de pratique on peut aussi apprécier sa qualité

si le pouls est ample et bondissant il témoigne d’un bon remplissage vasculaire
ou s’il est fin et filant il peut témoigner d’une hypovolémie
qui peut provenir d’une hémorragie ou d’une déshydratation
cette sensation se voit nettement sur la courbe de PA sanglante ou sur la courbe pléthysmographique des oxymètres de pouls 

 

On distingue les pouls périphériques tels que :

Le pouls radial, qui est le plus souvent recherché pour surveiller l’activité cardiaque.

on peut palper un pouls radial jusqu’à 70 mmHg, en dessous on ne peut le percevoir que sur les gros troncs artériels (carotides ou fémorales)

… les pouls du membre inférieur (poplité, pédieux ou tibial postérieur) sont recherchés quand on suspecte un problème vasculaire, en post chirurgie vasculaire ou après cathétérisme artériel.

On peut aussi rechercher le pouls grâce à un saturomètre
(qui donne en plus la SpO2)

(sa présence témoignant que le membre est perfusé ⇒ l’artère n’est pas totalement obstruée)

 

Et les pouls centraux (carotidiens ou fémoraux) que l’on peut encore palper en dessous de 70 mmHg de PA.

2. Tension ou Pression artérielle (PA)

≤ 140/90 mmHg pour un adulte au repos

Selon l’OMS au dessus de 140/90 mmHg, on parle d’hypertension artérielle.

 

mais une seule mesure ne suffit pas pour porter le diagnostic d’HTA

pour parler d’HTA il faut  :

– Effectuer des mesures répétées de PA qui doivent êtres anormales (+/- confirmation avec MAPA),
– faire un bilan d’atteinte des organes cibles (rein, cœur, œil, ± carotides…) 
– identifier le stade de l’HTA (en fonction des valeurs de la PA)
– évaluer le risque cardiovasculaire global

 

Et en dessous de 90 mmHg
(ou une PA systolique < 30 mmHg des valeurs habituelles pour le patient  (chez un patient hypertendu : 130 mmHg ⇔ hypo TA chez un patient qui a l’habitude d’avoir 160 mmHg)

… de PA systolique on parle d’hypotension artérielle.

 

L’hypotension orthostatique
est définie par une baisse de la PA ≥ 20 mmHg de la PASystolique (ou  ≥ 10 mmHg de la PA diastolique ) dans les 3 minutes suivant le passage de la position couchée à la position debout
(± vertiges …)
⇒ risque de chute chez le sujet âgé +++

 

Variations 

PA nocturnes < PA journée (de  10 à 20%)
(le 120 mmHg de jour peut arriver à 96 mmHg la nuit)

 

Chez l’enfant

La PA systolique peut être < 100 mmHg jusqu’à 14 ans
(à cette âge la PAS est comprise entre 90 et 120 mmHg)
(cliquer sur tableau)

Pour le Diagnostic de l’HTA chez l’enfant
Il existe des courbes en fonction de la taille

 


Pour plus de détails sur l’HTA consulter le PDF suivant

3. Température

 

Les valeurs normales généralement admises sont 

36,5°C à 37,5°C
(généralement 36,5°C au réveil et 37,5°C au coucher)
ces valeurs peuvent varier en fonction du site de mesure :
en tympanique ou en buccal un 35,7°C est accepté 

 

On parle d’hypothermie en dessous de 36,5°C

Signification :
Patient exposé au froid
ou signe de septicémie à BGN
(selon le contexte clinique)

On parle de fièvre* au dessus de 38,5°C  (38,2° C pour certains)  (≠ hyperthermie = T > 38,5°  ← exposition solaire prolongée ou ↑ T° ambiante (canicule)…

Et peut nécessiter des prélèvements bactériologiques pour confirmer l’origine infectieuse de cette température :
Hémocultures, ECBC, ECBU
(permettant d’isoler l’agent infectieux et de faire son antibiogramme)


ou des bilans biologiques à la recherche d’un syndrome inflammatoire ( CRP > 5)  ou infectieux (GB > 10 000) biologique.

 

Valeurs normales en fonction du site de mesure

 

L’utilisation des thermomètres tympaniques a tendance à se généraliser à l’hôpital du fait de la rapidité de la mesure et du fait que sa valeur est très proche de la température centrale.
(mais attention à la bonne orientation de la sonde). 
Comme le conduit auditif est ± coudé selon les personnes,
il faut parfois tirer l’oreille vers le haut pour réduire le coude
et permettre de positionner la sonde du thermomètre auriculaire face à la membrane tympanique
(cf image ci-dessous)

Températures mesurées selon la position

 

 

Remarques

(Concernant la prise de température et de l’interprétation de sa valeur en fonction du site de mesure)

L’interprétation de la température dépends du site de mesure
(Ci-dessous tableau des valeurs de T° en fonction du site de mesure)

La température rectale, est un bon reflet des variations lentes de la température centrale (non influencée par les facteurs externes).
Risques infectieux et traumatiques  

La température buccale (moins de risques infectieux) reflète plus fidèlement la température centrale.
Sensible à l’ingestion de boissons, ainsi qu’à la température de l’air ambiant.

La température tympanique est la méthode de choix car sa valeur est très proche de la température centrale.
(attention à la bonne orientation de la sonde). 

Les températures axillaire et frontale sont des méthodes accessoires
(fiabilité approximative).

 

4. Fréquence respiratoire (FR) / SpO2

Fréquence respiratoire (FR)

16 à 20 mouvements /minute pour un adulte au repos.

(on compte les mouvements respiratoires en observant le thorax, parfois on peut poser la main sur l abdomen si les mouvements du thorax ne sont pas amples) 
On peut aussi la monitorer grâce aux électrodes d’un scope ECG
(20 / min chez l’enfant et 30 / min chez le nourrisson)

On parle de polypnée au delà de 20 / min.
Et de bradypnée en dessous de 12 / min.

 

SpO2

 

Saturation périphérique (ou pulsée) en oxygène 
(SpO2 ≈ SaO2 ≠ PaO2
(SaO2 = Saturation artérielle en oxygène et PaO2 = Pression artérielle en oxygène)

Norme SpO2 ≥ 95%
(Les dispositifs actuels donnent une estimation précise de la SaO2 au dessus de 80%) 

 

La relation entre la SaO2 (≈ SpO2) et la PaO2 n’est pas linéaire
Elle suit une courbe sigmoïde (dite de Barcroft)

Pour une PaO2= 91 mmHg la SaO2 = 97 %. 
C’est la partie plate de la courbe, la SaO2 n’augmente presque plus malgré de grandes augmentations de la PaO2. L’hyperoxie n’est donc pas détectée par l’oxymètre de pouls.
⇒ Chez l’enfant SpO2 ≤ 97% 

De même, une chute de la PaO2 de 90 à 60 mmHg (30 points) n’entraîne qu’une chute de 7 % de la SaO2
Comme on se situe toujours dans une partie à faible pente de la courbe,

Par exemple, un patient de 90 ans aura une PaO2 = 60 mmHg et une SaO2 à 90 %
C’est le point « 90-60-90 »
Formule qui donne la valeur de PaO2 normale adaptée à l’âge 
PaO2 = 102 – (0,3 x age) 
En remplaçant l’âge par 90 
on trouve PaO2 = 78 mmHg ≈ SpO2 = 93%
ce qui est suffisant pour son âge 

 

SpO2 < 90% ⇔ PaO2 < 60 mmHg
PaO2 < 60 mmHg ⇒ insuffisance respiratoire

diurèse-horaire

5. Diurèse

La diurèse désigne le volume de la sécrétion urinaire sur 24 h

Généralement = 800 à 1500 ml/jour 
(environ 1 ml / kg / jour,
soit 1440 ml / 24 h pour un adulte de 60 kg
ou 60 ml / h)

Lexique lié à la diurèse :

Polyurie = diurèse > 2 L / jour
(souvent retrouvée en cas de potomanie, de traitement diurétique, de diabète…)
Oligurie = diurèse < 500 ml / jour.
Anurie = diurèse ≤ 300 ml / jour
Énurésie : incontinence nocturne
Dysurie = difficulté à uriner
Pollakiurie = miction fréquente mais peu abondante

 

Mis à jour : juin 2020

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