Les maitrise des maladies infectieuses au programme de médecine intensive-réanimation revêt un intérêt clinique majeur :
Urgence pronostique absolue
(= course contre la montre)
Les pathologies abordées, telles que les dermohypodermites bactériennes nécrosantes, le purpura fulminans, le sepsis urinaire grave, les méningites et méningo encéphalites ou le paludisme grave, sont des situations critiques où chaque minute compte.
La reconnaissance immédiate d’une défaillance vitale ou de signes de nécrose (dès les premières minutes de la prise en charge) et l’instauration ultra-rapide du traitement de référence (comme l’artésunate pour le paludisme ou l’antibiothérapie probabiliste) conditionnent directement la survie du patient.
Piège diagnostique chez les patients fragiles
L’immunodépression constitue une gravité en elle-même. Chez ces patients, toute infection est potentiellement grave, et sa présentation souvent trompeuse : l’altération de la réponse inflammatoire prend l’examen clinique à défaut et rend la sémiologie radiologique fruste (par exemple, un patient neutropénique peut présenter une authentique pneumonie sans aucun crépitant à l’auscultation ni anomalie à la radiographie thoracique). Traquer systématiquement les portes d’entrée (digestive, cutanée/cathéter, pulmonaire) permet d’initier sans délai une prise en charge salvatrice.
Modalités de l’antibiothérapie d’urgence
La rapidité d’administration des antibiotiques réduit fortement la mortalité et la morbidité en cas d’infections graves. Tout retard augmente le risque d’échec. Dans les urgences vitales infectieuses (choc septique, méningite, purpura fulminans…), on ne peut pas attendre (48 h pour les cultures bactériennes) l’identification du germe. L’antibiothérapie est généralement indiquée dans l’heure.
On utilise une antibiothérapie probabiliste à large spectre, couvrant tous les pathogènes suspectés, juste après avoir réalisé les prélèvements microbiologiques (sauf en cas de purpura fulminans où l’antibiotique est administré immédiatement). Après 48 – 72h on peut passer à la désescalade thérapeutique (guidés par les résultats des examens bactériologiques et une évolution favorable) pour réduire le spectre.
Cela limite les résistances, les coûts et les effets secondaires.